{"id":1865,"date":"2026-04-20T11:11:55","date_gmt":"2026-04-20T09:11:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.uni.lu\/lcsb-fr\/?post_type=news&p=1865"},"modified":"2026-04-20T11:11:57","modified_gmt":"2026-04-20T09:11:57","slug":"accelerer-la-recherche-de-traitements-pour-le-syndrome-de-leigh","status":"publish","type":"news","link":"https:\/\/www.uni.lu\/lcsb-fr\/news\/accelerer-la-recherche-de-traitements-pour-le-syndrome-de-leigh\/","title":{"rendered":"Acc\u00e9l\u00e9rer la recherche de traitements pour le syndrome de Leigh"},"content":{"rendered":"\n
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Deux \u00e9tudes r\u00e9centes mettent en lumi\u00e8re une maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative rare et montrent comment acc\u00e9l\u00e9rer la d\u00e9couverte de nouvelles options th\u00e9rapeutiques en associant intelligence artificielle et exp\u00e9riences en laboratoire. Une \u00e9quipe de recherche internationale, alliant l’expertise clinique de l’H\u00f4pital universitaire de D\u00fcsseldorf et de plusieurs partenaires au savoir-faire informatique d’\u00e9quipes luxembourgeoises et espagnoles, a en effet identifi\u00e9 des m\u00e9dicaments prometteurs pour le traitement du syndrome de Leigh.<\/p>\n\n\n\n

\nUne maladie rare grave et un manque de mod\u00e8les pour la recherche<\/h3>\n\n\n\n

Le syndrome de Leigh est une maladie progressive qui touche le cerveau. Elle se manifeste g\u00e9n\u00e9ralement pendant l\u2019enfance, avec des sympt\u00f4mes graves entra\u00eenant des troubles moteurs, une d\u00e9ficience intellectuelle et un d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9coce. Appartenant \u00e0 un groupe de maladies g\u00e9n\u00e9tiques rares appel\u00e9es maladies mitochondriales, le syndrome de Leigh touche 1 personne sur 36 000.<\/p>\n\n\n\n

Il s\u2019agit d\u2019une maladie grave pour laquelle les options th\u00e9rapeutiques sont actuellement extr\u00eamement limit\u00e9es. Comme c’est souvent le cas pour les maladies rares, le faible nombre de patients rend la recherche plus complexe. Dans le cas du syndrome de Leigh, ce probl\u00e8me est exacerb\u00e9 par l’absence de mod\u00e8les cellulaires ou animaux capables de reproduire fid\u00e8lement la maladie en laboratoire. Afin de relever ce d\u00e9fi, une large \u00e9quipe internationale a collabor\u00e9 pour acc\u00e9l\u00e9rer le processus qui permet de tester et d\u2019identifier de potentiels traitements.<\/p>\n\n\n\n

\nIdentifier des candidat-m\u00e9dicaments gr\u00e2ce \u00e0 une approche combin\u00e9e : in vitro, in vivo et in silico<\/h3>\n\n\n\n

Ces deux \u00e9tudes, r\u00e9cemment publi\u00e9es dans Cell<\/em><\/a> et Nature Communications<\/a><\/em>, soulignent le potentiel d\u2019une approche interdisciplinaire pour l\u2019identification de mol\u00e9cules susceptibles de devenir les m\u00e9dicaments de demain. \u00ab On observe un int\u00e9r\u00eat croissant pour les outils informatiques visant \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le processus de s\u00e9lection des mol\u00e9cules les plus prometteuses qui est co\u00fbteux et chronophage \u00bb, souligne le professeur Antonio Del Sol<\/a>, responsable des \u00e9quipes \u00ab Computational Biology \u00bb au Luxembourg Centre for Systems Biomedicine<\/a> (LCSB) et au CIC bioGUNE<\/a> \u00e0 Bilbao. \u00ab Gr\u00e2ce \u00e0 notre expertise en mati\u00e8re d\u2019intelligence artificielle, nous avons d\u00e9velopp\u00e9 des m\u00e9thodes innovantes qui permettent de r\u00e9duire le nombre de mol\u00e9cules \u00e0 tester en laboratoire et d\u2019identifier de nouveaux compos\u00e9s int\u00e9ressants. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Collaborer avec des \u00e9quipes travaillant en laboratoire et avec des cliniciens est bien s\u00fbr essentiel pour valider les pr\u00e9dictions obtenues gr\u00e2ce \u00e0 ces outils informatiques. Dans ce cadre, les cultures cellulaires et les organo\u00efdes c\u00e9r\u00e9braux, g\u00e9n\u00e9r\u00e9s \u00e0 partir de cellules de peau donn\u00e9es par des patients, jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant pour \u00e9tudier les m\u00e9canismes pathologiques et tester les effets ainsi que le mode d\u2019action des mol\u00e9cules identifi\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n

Les r\u00e9sultats obtenus par le consortium interdisciplinaire d\u00e9montrent qu\u2019allier les outils informatique, pour faire ce qu\u2019on appelle un criblage virtuel ou in silico<\/em>, et la validation exp\u00e9rimentale in vitro<\/em> et in vivo<\/em> acc\u00e9l\u00e8re la recherche. Les chercheurs ont en effet identifi\u00e9 plusieurs m\u00e9dicaments existants qui pourraient \u00eatre utilis\u00e9s pour traiter le syndrome de Leigh.<\/p>\n\n\n\n

\nTrouver une nouvelle indication th\u00e9rapeutique \u00e0 des m\u00e9dicaments existants<\/h3>\n\n\n\n

Dans une premi\u00e8re \u00e9tude, les chercheurs ont test\u00e9 plus de 5500 m\u00e9dicaments d\u00e9j\u00e0 approuv\u00e9s pour d’autres pathologies ou pour lesquels on dispose de donn\u00e9es exhaustives sur leur efficacit\u00e9 et leur s\u00e9curit\u00e9. Parmi eux, le sild\u00e9nafil, actuellement approuv\u00e9 pour le traitement des troubles de l\u2019\u00e9rection chez l’adulte et de l’hypertension pulmonaire chez le nourrisson, a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 comme un candidat prometteur pour le syndrome de Leigh. En combinant des analyses multi-omiques, une approche qui int\u00e8gre divers types donn\u00e9es sur des mol\u00e9cules allant de l’ARN aux lipides, avec la mod\u00e9lisation informatique, l’\u00e9quipe a mis au jour le m\u00e9canisme d’action du sild\u00e9nafil dans des organo\u00efdes reproduisant le syndrome de Leigh. \u00ab Au vu des effets positifs observ\u00e9s sur le m\u00e9tabolisme, la fonction cellulaire et la dur\u00e9e de vie dans des mod\u00e8les cellulaires et animaux, le sild\u00e9nafil a ensuite \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 titre compassionnel chez six patients \u00bb, rapporte le professeur Alessandro Prigione<\/a>, responsable de l\u2019\u00e9quipe \u00ab Stem Cell Metabolism \u00bb \u00e0 l\u2019H\u00f4pital universitaire de D\u00fcsseldorf<\/a>. \u00ab Leur \u00e9tat clinique et leurs fonctions motrices se sont am\u00e9lior\u00e9s. Il s\u2019agit de r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires et nous pr\u00e9voyons maintenant de mener des essais cliniques \u00e0 plus grande \u00e9chelle pour les confirmer. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Dans le cadre d’une deuxi\u00e8me \u00e9tude, les chercheurs ont utilis\u00e9 un algorithme pour acc\u00e9l\u00e9rer le processus et ce criblage virtuel a permis d\u2019identifier un autre m\u00e9dicament, le talarozole, initialement d\u00e9velopp\u00e9 pour l’acn\u00e9 et le psoriasis, comme un second candidat prometteur pour le syndrome de Leigh. Les scientifiques ont d\u00e9pos\u00e9 une demande de brevet pour son utilisation dans le traitement des maladies mitochondriales.<\/p>\n\n\n\n

Outre le fait qu\u2019ils constituent une avanc\u00e9e majeure pour la prise en charge d\u2019une maladie rare, ces r\u00e9sultats soulignent l\u2019importance des m\u00e9thodes informatiques pour la recherche de nouveaux traitements. \u00ab Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019identifier de nouvelles mol\u00e9cules ayant un potentiel th\u00e9rapeutique, de d\u00e9terminer lesquelles sont les plus prometteuses, d\u2019analyser leur mode d\u2019action ou de guider la conception des m\u00e9dicaments, les approches in silico<\/em> sont en train de devenir un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 \u00bb, conclut le professeur Del Sol.

La m\u00e9thodologie mise au point par cette \u00e9quipe internationale et interdisciplinaire va maintenant pouvoir servir de mod\u00e8le pour trouver de nouvelles options th\u00e9rapeutiques pour d’autres troubles neurologiques rares.

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R\u00e9f\u00e9rences :<\/strong><\/p>\n\n\n\n